Enquêtes internes en entreprise : vers un cadre juridique enfin clarifié ?

Face à la multiplication des alertes (harcèlement (moral / sexuel), discriminations, manquements éthiques), les employeurs n’ont plus le choix : mener une enquête interne devient une nécessité pour établir les faits, protéger toutes les parties et répondre à l’obligation de sécurité. Mais comment garantir que cette enquête soit équitable, transparente et efficace ?

Aujourd’hui, si la jurisprudence et les guides de bonnes pratiques (comme la décision cadre 2025-019 du Défenseur des droits) apportent quelques repères (confidentialité, impartialité, respect du contradictoire), un constat s’impose : le Code du travail ne fixe aucun cadre légal précis.

Le 9 décembre 2025, une proposition de loi a été précisément déposée pour encadrer ces enquêtes.

En effet, il s’agit de :

  • Établir des règles claires : obligation d’enquêter à charge et à décharge, avec des moyens proportionnés aux enjeux,
  •  Responsabiliser les entreprises et professionnaliser les pratiques.

Les points clés de la réforme proposée sont multiples, à savoir :

  • Une définition officielle dans le Code du travail : « Processus formel mené au sein d’une organisation privée ou publique, visant à vérifier si les faits allégué,
  • Un encadrement renforcé dans le Code de procédure pénale, notamment quand une enquête interne et une enquête pénale se chevauchent : droits des personnes auditionnées : notification du droit de mettre fin à l’audition, de se faire accompagner par un conseil, de signer le compte rendu et d’y ajouter des observations écrites,
  • Protection des documents : les éléments de l’enquête ne pourront être transmis à la justice qu’avec l’accord explicite de l’entreprise.

https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b2208_proposition-loi

Article précédent
Faire travailler un salarié pendant un arrêt maladie : réparation automatique
Article suivant
Garantir l’assistance d’un avocat pour les enfants dans les procédures d’assistance éducative